Une bonne année pour la cerise du Ventoux
2023 promet d’être une bonne année pour la cerise du Ventoux à deux titres. D’une part car c’est la première année pour le petit fruit rouge où il pourra bénéficier du label européen IGP (Indication Géographique Protégée), d’autre part parce que la production s’avère excellente cette année avec plus de 3 000 tonnes de ce fruit exceptionnel.
La cerise s’épanouit dans ce secteur et jusqu’à 900 mètres d’altitude, en raison du fort ensoleillement et du mistral qui finit par s’atténuer sur les reliefs du Mont Ventoux.Le Vaucluse produit plus de 15 000 tonnes de cerise par an pour environ 50 000 tonnes sur le plan national. Les deux cinquièmes de la production française de cerise se concentrent bien en Région Sud. Le Vaucluse apparait comme le premier département français producteur de cerises de bouche. L’aire de culture des cerises s’étale du Mont Ventoux au Luberon et aux côteaux des Monts de Vaucluse.
Quant à L’IGP, elle confère à la cerise du Ventoux une maturité optimale, un calibre supérieur à 24mm, une couleur rougehomogène et une récolte à la main garantie.
La région de la cerise depuis le XVIIe siècle
Ce délicieux fruit éphémère nous vient des rives de la Mer Noire et arriva sur nos rivages méditerranéens par les romains. C’est à cette époque la merise qui sera dégustée. La cerise prend son ampleur au Moyen-Age où sa consommation se développe crue ou cuite dans le vin. Cependant, des textes indiquent que le fruit était connu bien avant par les Grecs et les Gaulois.
Dans les jardins provençaux, c’est la griotte et son goût âpre qui emporte toutes les faveurs. Ce n’est que sous le règne de Louis XV, grand amateur de cerises, qu’elle sera greffée et deviendra plus sucrée. Sa culture sera dès lors encouragée. Napoléon, très friand de cerises, donna même son nom à l’une des variétés. Les bigarreaux Napoléon alimentent les fabriques de fruits confits d’Apt qui régalent le monde entier. Ce fruit à la chair blanche a la faveur des confiseurs pour sa forme idéale et sa texture ferme.
De la Burlat à la Folfer en passant par la Summit, la Stark ou la noire de Meckel, la cerise détient aussi son haut de gamme avec la Vénasque. Sur ces terres, il y a deux siècles, les paysans constatèrent que les cerisiers sauvages « Sainte Lucie » poussaient naturellement. Ils décidèrent de se lancer dans la culture du cerisier. Grâce à un terroir naturellement exceptionnel et à un savoir-faire enrichi au fil du temps, la cerise des Monts de Venasque est devenue la première cerise haut de gamme dès 1978, suivie de la Chérise.